Roussillon, du rouge, du bleu, du vert!
Le rouge des roches et des maisons, le bleu du ciel, le vert des pins d’Alep… voici le tableau que vous découvrez à Roussillon dans le Vaucluse, près d’Apt.
Roussillon est célèbre pour la richesse exceptionnelle de ses ocres, dont les nuances allant du jaune pâle au rouge profond ont façonné l’identité du village et de tout son paysage. De vastes carrières ont été exploitées dès la fin du XVIIIᵉ siècle, donnant naissance à une véritable industrie qui employa jusqu’à mille ouvriers autour de 1930, avant de décliner lorsque les pigments naturels furent remplacés par des colorants chimiques. Aujourd’hui, pour préserver ce patrimoine fragile et ralentir l’érosion des falaises, il est strictement interdit de ramasser de l’ocre, une mesure assortie d’amendes afin de protéger les reliefs sculptés par le temps. Le village lui‑même offre une promenade particulièrement agréable : ses rues piétonnes étroites, bordées de maisons aux teintes chaudes, montent en lacets vers la petite chapelle toute blanche, éclatante au milieu des façades colorées, puis vers la motte castrale, point culminant d’où l’on découvre une vue dominante sur la plaine environnante, les collines boisées et les anciennes carrières qui forment un décor presque irréel.

Formation des ocres aux cours des temps
Au cours du Crétacé, il y a 110 millions d’années, des sables et grès marins se déposent au-dessus des marnes grises de l’Aptien sur 30 mètres d’épaisseur. Des débris organiques se mêlent à ces grains de quartz et paillettes de micas s’accumulant au fond de la mer. Ces sédiments sableux se sont d’abord déposés en milieu marin proche des côtes, puis ces terres émergent. Ces sables vont être à l’origine de l’ocre, grâce à une argile d’origine exclusivement marine et riche en fer la glauconie.

Histoire de Roussillon
Son nom est formé du nom de personne latin Ruscilius (ou Roscilius) qui a fondé le domaine à l’époque gallo-romaine.
En 987, Roussillon a un petit château établi sur une motte castrale. Le village continue son développement grâce à l’ocre, bien sur!
Au XVIIIe siècle, du fait de l’augmentation des besoins en fer mais aussi la diversification et modernisation des techniques de traitement des textiles (métiers à tisser) et besoin de teintures, l’exploitation de l’ocre sur Roussillon s’intensifie. De très nombreuses carrières, dont certaines sont toujours visibles, entourent le bourg, mais des usines d’ocre.
Au XXe siècle, les moyens modernes d’extraction ainsi que la découverte de gisements plus rentables ont peu à peu fait fermer toutes les mines. Au début des années 1980, le tourisme a remplacé cette industrie minière.


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